Carnet de quartier — 7 août 2026
Une matinée autour du 9e
Exemple
Le sud du 9e arrondissement de Paris tient dans un rectangle court : la place Saint-Georges au nord, les Grands Boulevards au sud. Itinéraire d'une matinée à pied, des rues en pente aux passages couverts.
Le sud du 9e arrondissement se parcourt à pied. Le quadrilatère est court : la place Saint-Georges au nord, les Grands Boulevards au sud, une vingtaine de minutes de marche d'un bord à l'autre. Une matinée suffit, à condition de partir tôt.
La rue qui descend
Commencer en haut, à la limite de Pigalle. La rue des Martyrs descend en pente régulière vers l'église Notre-Dame-de-Lorette, achevée en 1836. C'est une rue de commerces de bouche. Le fromager ouvre le premier, le primeur installe ses cageots sur le trottoir, le boulanger sort ses premières fournées avant huit heures.
Les livraisons se terminent en milieu de matinée. Ensuite, la rue appartient aux piétons et aux cabas. Le samedi, on y avance au pas.
À l'est, l'avenue Trudaine longe le square d'Anvers, planté de platanes. Un marché s'y tient le vendredi en fin de journée. Le reste de la semaine, le square sert de cour de récréation aux écoles voisines.

Saint-Georges et la Nouvelle Athènes
Entre la place Saint-Georges et la rue Blanche, le quartier s'est construit dans les années 1820 à 1840. On l'appelait alors la Nouvelle Athènes. Peintres, musiciens et écrivains y avaient leurs ateliers.
Les façades sont plus basses qu'ailleurs dans l'arrondissement. Les cours sont plantées. La place Saint-Georges garde sa fontaine centrale et son immeuble à rotonde, face à la station de métro.
Deux anciennes maisons d'artistes du quartier sont devenues des musées municipaux. Leurs jardins se traversent librement. La rue de la Tour-des-Dames, en retrait, aligne des hôtels particuliers à jardin de la même époque.
Un détour s'impose par le square d'Orléans, une cour à l'anglaise ouverte en 1829 au 80 de la rue Taitbout. Chopin et George Sand y ont vécu à quelques portes l'un de l'autre. La cour est calme, la fontaine centrale fonctionne encore.

Les passages couverts
Plus bas, à hauteur du boulevard Montmartre, on passe sous verrière. Le passage Jouffroy a ouvert en 1845. Le passage Verdeau le prolonge au nord, de l'autre côté de la rue de la Grange-Batelière.
Sous les verrières, les boutiques tiennent de l'atelier autant que du commerce : livres anciens, estampes, cartes postales, cannes et jouets. Le sol est dallé, la lumière vient du toit. Par temps de pluie, on traverse le quartier presque à couvert.
Les passages ouvrent en milieu de matinée. Y arriver vers dix heures, c'est les voir s'éveiller boutique par boutique, rideau après rideau. De l'autre côté du boulevard, le passage des Panoramas, ouvert en 1799, prolonge la promenade dans le 2e arrondissement pour qui veut continuer.
Finir aux Grands Boulevards
La matinée se termine sur le boulevard Montmartre et le boulevard des Italiens. Les façades haussmanniennes y retrouvent leur pleine hauteur. Les théâtres du quartier affichent leurs programmes sur les colonnes.
Pour rentrer, deux options. La rue Cadet, autre rue de marché, remonte vers l'est ; on y compose un déjeuner en trois arrêts. Ou bien la rue de la Chaussée-d'Antin file vers l'ouest, jusqu'aux grands magasins du boulevard Haussmann et à la gare Saint-Lazare, à quinze minutes à pied.
De là, l'Opéra est à dix minutes. Le 9e se referme comme il s'est ouvert : par une rue en pente, et des commerces qui haussent le rideau.
La rédaction